Le Gypaète barbu : une espèce emblématique des grandes falaises de Corse

L’espèce est présente en Europe de l’Ouest, dans les Pyrénées (130 couples), en Corse (7 couples), en Crête (5 couples), en Andalousie et dans les Alpes (17 couples réintroduits). Malgré les nombreuses actions menées par le Parc Naturel Régional de Corse (PNRC) et les partenaires locaux (DREAL, OEC, ONF, ONCFS,…), l’espèce est considérée comme « gravement menacée d’extinction ». La reproduction est très faible, parfois nulle certaines années. L’espèce décroît, de 10 couples en 2009, la population corse est passée à seulement 7 couples en 2011.
Le Parc Naturel Régional de Corse (PNRC) assure le suivi de cette espèce depuis le début des années 80. A partir de 1990, la faible productivité des couples constatée incite l’Etat français à mettre en œuvre des mesures conservatoires renforcées, avec la coopération du PNRC et de partenaires locaux (ONF, ONCFS, etc.). Un programme Life est mis en œuvre entre 1998 et 2002 et permet d’intensifier les opérations de suivi et de nourrissage, et de développer des études scientifiques. Malgré les nombreuses actions menées, les populations françaises restent fragiles et nécessitent de poursuivre les efforts entrepris. C’est pourquoi le Ministère en charge de l’écologie a souhaité la mise en place d’un Plan National d’Actions (PNA) en faveur du Gypaète barbu.
Pour plus d’infos : http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Oiseaux-.html et http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/PNA_Gypaete_barbu_2010-2020.pdf
En 2000 : 2 couples supplémentaires sont détectés… malheureusement, un autre n’est plus recensé en 2009 ! La reproduction est très faible, parfois nulle certaines années. Le nombre de couples diminue : de 10 couples en 2009, la population corse est passée à seulement 7 couples en 2011. Les adultes qui disparaissent au sein de ces couples sont difficilement ou pas remplacés.
La meilleure connaissance des populations a permis d’appréhender les facteurs principaux qui influencent son évolution : la disponibilité en carcasses (présence d’os) pour se nourrir et la disponibilité en sites de reproduction (falaise avec des cavités / tafoni).
En Corse, le principal problème de cette espèce est donc une diminution des ressources alimentaires liées à une régression du pastoralisme en montagne, malgré une hausse modérée des ongulés sauvages (mouflons corse).
Ensuite, les sites de nidification sont choisis avec minutie par les gypaètes. Ces sites sont un compromis prenant en compte de multiples critères : protection contre les intempéries, distance par rapport aux congénères, aux autres espèces, et par rapport à certaines activités humaines… Les gypaètes nichent dans des parois à tafoni, falaises également très prisées par les grimpeurs. Un couple de gypaète peut avoir de 1 à 6 nids mais qui sont généralement proches. Une fois qu’il s’est installé, le gypaète restera au nid durant tout le cycle de reproduction, sauf en cas de force majeure. Si un nid est abandonné pendant la reproduction, il n’y a alors pas de ponte de remplacement. Ce sont des oiseaux très territoriaux : les sites de nidification restent généralement les mêmes au cours des décennies, et « se transmettent » de couple en couple.
Une fois ces deux besoins remplis, les dérangements sur la zone de nidification deviennent le premier facteur limitant. Le gypaète barbu est une espèce particulièrement sensible aux activités humaines, d’autant plus si elles sont bruyantes et se déroulent en hauteur (même sur les parois) ou en l’air. L’escalade n’a jamais été identifiée, en Corse, comme une cause d’échec à la reproduction. En revanche, elle peut induire un stress supplémentaire en cas de pratique à proximité des sites de nidification durant les périodes sensibles. Par principe de précaution, et pour essayer de favoriser la survie et la reproduction de cette espèce sensible, l’escalade est interdite en période de nidification, lorsque la reproduction est avérée.
Le PNRC a donc délimité des Zone de Sensibilité Majeure (ZSM). Au cœur de ces zones, la pratique des activité de pleine nature est réglementée pour assurer la conservation de l’espèce.